"Mon bébé naîtra à la fin de l'été"

"Cet enfant va me suivre partout..."

Julie Masse porte en elle un enfant auquel elle donnera naissance à la fin de l'été. Et si cet heureux événement s'avérait un signe du destin?

La rumeur courait déjà depuis peu. Et, pourtant, jamais jusqu'à ce jour la principale intéressée n'avait confirmé ni même nié la chose, se contentant de répondre à ceux et celles qui l'interrogaient qu'elle ne parlait jamais de sa vie privée et qu'elle n'avait aucun contrôle sur les écrits que l'on trouvait à son sujet dans les journaux. Mais elle savait bien qu'elle ne pouvait garder secrète l'heureuse nouvelle encore bien longtemps, car s'il est vrai que les femmes enceintes ont une lumière différente au fond des yeux et qu'elles sont plus radieuses que jamais, cela ne faisait plus de doute: Julie Masse était bel et bien enceinte. Ce qu'elle nous a confirmé avec de la joie dans la voix.

Alors, Julie, quoi de neuf?
(Visiblement étonnée par la simplicité de la question et l'entrée en matière de l'entrevue:)
Mon Dieu... Il se passe toutes sortes de choses actuellement dans ma vie. Ça dépend de ce que tu veux savoir. Fais-tu allusion à ma vie privée?

Bon, je vais poser la question plus directement: es-tu enceinte? Peux-tu confirmer ou nier la rumeur?
(Éclat de rire) Oui, je suis enceinte!

Pourquoi, au cours des dernières semaines, as-tu laissé courir la rumeur à ce sujet plutôt que de confirmer la nouvelle?
Parce que je ne suis pas friande de l'idée de parler de ma vie privée. Ce n'est pas un caprice; c'est simplement que je ne ressens pas le besoin de retrouver dans les journaux tout ce qui compose ma vie. Mais, dans le cas de cette grossess, je pense que je me dois de confirmer la nouvelle au public. C'est une marque de respect, et je ne tiens pas à laisser les gens dans l'incertitude plus longtemps, d'autant plus qu'il y a toutes sortes d'histoires dans les journaux à ce sujet. Je vais donc en parler une seule fois pour donner l'heure juste aux gens. Et puis, même si je m'entêtais à nier la nouvelle ou à contourner le sujet, je pense que je serais la seule à me mentir, puisque ça commence drôlement à paraître que j'attends un enfant! (rires) Aussi, l'une des raisons pour lesquelles j'ai attendu avant d'en parler publiquement, c'est que je voulais d'abord vivre cette importante étape de vie avec mes proches. J'ai même rencontré Sylvain, mon ex-mari, pour lui dire que j'étais enceinte. Je ne voulais pas qu'il l'apprenne par le biais des journaux.

C'est une belle marque de délicatesse.
Je pense que je me devais de le faire. La séparation a été très difficile pour Sylvain et moi, mais, le temps ayant joué son rôle de guérisseur, on a réussi à entretenir une bonne relation amicale. Il faut dire que notre séparation s'est faite de façon très civilisée. Ça, ç'a été un gros plus. Ce que je veux dire, c'est qu'on n'a pas cherché à rendre la situation encore plus difficile qu'elle ne l'était.

Puisque tu parles de Sylvain, est-ce que votre divorce a été prononcé?
Oui. C'est chose faite.

Comment a-t-il réagi lorsque tu lui as dit que tu étais enceinte?
Je pense qu'il était habité par des sentiments partagés. D'une part, il était content pour moi, mais d'autre part, je le sentais peiné. Je sais que c'est une étape de vie qu'il avait envisagé de vivre avec moi, et je comprends sa réaction. Mais je tenais tout de même à lui en parler en personne.

Et toi, comment as-tu accueilli l'heureuse nouvelle?
Ç'a été un grand moment de bonheur. Et ça l'est encore, d'ailleurs. (rires) C'est un beau cadeau de la vie de pouvoir mettre au monde un enfant. Personnellement, je me sens très privilégiée de pouvoir vivre cette grossesse. Il y a tellement de femme qui aimeraient porter un enfant et donner la vie, mais qui, pour toutes sortes de raisons, ne peuvent réaliser leur rêves! C'est pour ça que je remercie le ciel de ce qui m'arrive. Je suis une jeune femme comblée.

Tu auras 25 ans au mois de juin. Était-ce ta volonté de devenir mère à cet âge?
Je sais que, pour certains, je suis encore jeune pour avoir un enfant, mais, en ce qui me concerne, j'ai toujours voulu connaître les joies de la maternité tôt dans ma vie de femme. Je ne voulais pas attendre éternellement avant de vivre cette étape. Aussi, je me sens prête à vivre pleinement cette aventure d'une vie et à assumer les responsabilités de mon rôle de mère. Je sais que je vais être bien dans ce rôle.

Quel type de mère crois-tu que tu seras?
Je pense que je vais être une véritable mère poule. (rires) J'aime tellement les enfants! Je les trouve tellement mignons! Si je me base sur le comportement que j'ai avec ceux de mon frère Denis, je pense effectivement que je vais être du type mère poule. J'aimerais aussi que cet enfant me suive partout où je vais aller. Je ne serais pas contre l'idée qu'il m'accompagne dans mes nombreux déplacements et qu'il vienne avec moi en voyage, par exemple. Je veux lui faire connaître un tas de choses et je pense que le fait de l'emmener partout avec moi, même dans mes voyages à l'étranger, peut être un gros plus à son éducation. En somme, ce que je voudrais, c'est pouvoir passer le maximum de temps avec lui. De toute façon, les possibilités sont la. Aujourd'hui, il n'y a plus de frontières, et les voyages peuvent apprendre beaucoup à un enfant.

Pour quand est prévue la naissance?
Je vais accoucher à la fin de l'été.

Et comment s'est déroulée la grossesse, jusqu'à présent?
Tout va très bien. Je suis vraiment chanceuse, parce que je n'ai pas le moindre symptôme. Je n'ai pas de nausées, je ne suis pas malade, je n'ai pas de goûts dérangés... Bien sûr, j'ai des baisses d'énergie et, l'après-midi, je ferais bien une petite sieste, mais à part ça, c'est une grossesse rêvée. Cela dit, c'est évident qu'au cours des semaines qui vont précéder l'accouchement, de même que de celles qui vont suivre, je vais mettre la pédale douce, comme on dit. Je vais faire tout mon possible pour que cette belle grossesse se poursuive et pour que je puisse donner naissance à un enfant en santé. Sans tourner le dos à mon métier, je pense que c'est essentiel pour moi de ne pas hypothéquer ma grossesse et la santé de l'enfant en tentant de jouer à la wonder woman. Ça, tout le monde le comprend, et ceux qui dirigent ma carrière respectent très bien ma décision à ce sujet. Vers la fin de l'été, je vais donc m'absenter de la scène publique, afin de bien vivre cette importante étape de vie.

Pour revenir quand?
Tout dépendra de l'accouchement et de la santé de l'enfant. Si tout se déroule bien, je serai probablement de retour à la fin de l'automne.

Cette grossesse a donc changé le plan de match de ton équipe, si je peux dire. Disons que ça change un peu ce qui avait été prévu à l'agenda, non?
Oui, c'est un fait. L'album que j'ai fait en anglais est encore tout neuf. On vient à peine de présenter le deuxième extrait. D'ici les dernières semaines avant l'accouchement, je vais faire tout ce que je peux afin de promouvoir l'album et je poursuivrai la promotion du disque une fois que la date de mon retour sera déterminée.

Tu as beaucoup voyagé au cours des derniers mois, n'est-ce pas?
J'ai surtout voyagé au Canada anglais question de promouvoir l'album. Je suis allée à Toronto, à Ottawa et à Vancouver. Ce sont des visites qui ont porté fruit. Dans le milieu de la scène musicale, les gens connaissent maintenant mon nom, et le public commence à se familianser avec ce que je fais. Quant au Québec, il faut habituer les gens au fait que l'album est en anglais. À ce sujet, je suis consciente du fait qu'il y a un travail à faire afin d'habituer le public à ce répertoire. De toute façon, je savais dès le départ, en lançant cet album, qu'il n'y avait rien d'acquis. Alors, je mets les energies qu'il faut.

Dans un autre ordre d'idées, as-tu déjà pensé au prénom que tu voudrais pour l'enfant?
Non, pas encore. Chose certaine, je veux un prénom original.

As-tu du préférences quant au sexe de l'enfant que tu portes?
Non, aucune. D'ailleurs, je mentirais si je disais que je souhaite une petite fille, parce que je trouve les petits garçons tout aussi mignons.

Dans un autre ordre d'idées, le moins qu'on puisse dire, c'est que tu as eu une vie particulièmmont mouvementée au cours des cinq dernières années, soit depuis le début de ta carrière.
Oui, je sais. J'y pensais justement l'autre jour. C'est incroyable, ce par quoi je suis passée sur le plan émotif! Pas étonnant que, à un moment donné, je me sois retrouvée épuisée et la tête pleine de questions.

Au cours de ces années, tu as sortie de l'anonymat, tu as connu le succès, ton père est décédé dans des circonstances tragiques, tu as épousé Sylvaîn, vous vous êtes séparés, tu as rencontré Corey Hart, et voilà que tu es enceinte. C'est beaucoup, en cinq ans!
C'est beaucoup pour une si courte période de temps et c'est beaucoup pour une fille de mon âge. Ce tourbillon a commencé alors que j'avais 20 ans, et je commence à peine à respirer à mon rythme et à voir où je m'en vais. Je viens à peine de sortir de ce tourbillon, dans lequel j'étais entrée tête première. J'ai été confrontée à de grandes questions au cours de ces années. Lorsque mon père est decédé, à la suite d'un accident d'avion, ç'a été un coup épouvantable. Perdre mon père à 21 ans et dans des circonstances semblables m'a incitée à réfléchir sur le sens profond de la vie. Je me suis sérieusement demandé ce que je faisais sur terre et quel était mon rôle ici. J'ai été confrontée à des questions auxquelles je ne m'étais jamais arrêtée auparavant parce que, à cet âge-là, tu ne penses pas à ce genre de choses. À 21 ans, ce à quoi tu penses, c'est à mordre dans la vie. Le décès de mon père, ça m'a pris un an avant d'en parler sans être étouflée par l'émotion et me mettre à pleurer. Son départ m'a notamment fait réaliser que moi aussi, je pouvais partir du jour au lendemain, et que la vie était trop courte et précieuse pour la gaspiller. Cet événement m'a aussi rapprochée davantage des membres de ma famille et m'a incitée à exprimer plus ouvertement mon amour pour eux.

C'est surtout sur le plan émotif que tu as été éprouvée au fil des ans, n'est-ce pas?
Par exemple, lorsque Sylvain et moi, nous nous sommes séparés, j'ai été habitée par un profond sentiment de culpabilité. Je me disais que je n'avais pas le droit de mettre un terme à notre union et je me sentais bien mal de lui faire de la peine. Moi, j'étais capable d'en prendre, mais tout ce que je voulais, c'était que cette séparation se fasse sans déchirements et de façon civilisée. Je n'ai jamais voulu faire de mal à Sylvain. Mais il avait lui-même remarqué que je n'étais pas heureuse et que mon comportement avait changé. Fort heureusement, notre maturité aidant, même si la décision a été difficile à prendre, tout s'est bien déroulé. C'est la raison pour laquelle Sylvain et moi, on a gardé contact et que l'amitié est restée intacte entre nous. Et ça, c'est déjà beaucoup. Au cours de ce chapitre de ma vie, je n'ai fait qu'écouter mon coeur; et jamais je ne considérerai mes quatre années passées aux côtés de Sylvain comme des années perdues. Lui non plus, d'ailleurs. Bien au contraire, nous en gardons un précieux souvenir.

C'est tout de même étonnant que, après ces éprouves, tu te retrouves enceinte. C'est un peu comme si la vie t'envoyait un message et qu'elle te ramenait à l'essentiel, non?
C'est ce que je pense aussi. Comme je le disais, je commence à voir où je m'en vais dans la vie. C'est comme si les morceaux du puzzle étaient enfin en place. Personnellement, je crois que cette grossesse est un signe du destin, un signe de la vie. Ça arrive à un beau moment dans ma vie, et je ne crois pas que ce soit le fruit du hasard. C'est un événement qui a l'effet d'un baume après les difficiles épreuves auxquelles j'ai été confrontée. Je pense que la vie m'invite à me retrouver et à me rapprocher de l'essentiel. Chose certaine, je suis extrêmement positive face à cette nouvelle vie qui s'annonce à moi et je sais que je vais être heureuse dans mon rôle de mère. Je n'ai pas la moindre inquiétude face à ce qui m'attend. Et puis, avec Corey, c'est tellement spécial, ce que je ressens dans mon coeur, que ça ne s'explique tout simplement pas; il n'y a pas de mots pour décrire ça.

7 jours, Vol 6 No 24, 22 avril '95